Sommaire
Introduction
Depuis quelque temps, j’ai envie d’écrire autrement que par le format d’un post LinkedIn.
Prendre plus de place, plus de temps. Pas forcément pour parler de ce qu’on construit chez Kolus, mais pour parler de l’acte entrepreneurial en lui-même.
L’entrepreneuriat a profondément changé ma vie pour le meilleur. Mais pas sans ce que j’ai longtemps considéré comme des sacrifices. Je reviendrai sur cette notion dans cet article, parce que le terme “sacrifice” porte souvent une connotation négative : celle de renoncer à ce qu’on aimerait faire, au profit d’autre chose. Avec le recul, je ne suis plus certain que ce soit la bonne lecture.
De mon expérience, quatre raisons font de l’entrepreneuriat une aventure extraordinaire, et expliquent pourquoi il me serait aujourd’hui difficile de m’en détacher.
1. Vivre dans les montagnes russes. Et aimer ça.
Marc Andreessen écrivait qu’un entrepreneur n’expérimente que deux émotions dans le cadre de son métier : l’euphorie et la terreur. Et que le manque de sommeil ne fait qu’amplifier les deux.
C’est bien sûr très vrai. J’ai aussi été surpris par la vitesse à laquelle on peut passer d’un extrême à l’autre. Et bien que les bas soient extrêmement bas, on parle en psychologie analytique des affects douloureux comme étant une condition de maturation psychique et d’accès à une forme de bonheur plus profonde. Du haut de ma jeune carrière, j’ai eu la chance de rapidement connaître mes premiers moments d’euphorie, mais si ceux à venir sont aussi intenses que les difficultés parfois rencontrées, alors je suis impatient de découvrir ce que l’avenir nous réserve.
2. Aller à l’encontre de l’avis général
Certains psychologues verraient ici une volonté de prouver, liée à des complexes passés et probablement un syndrome de l’imposteur. Peut-être, et même probablement puisque la volonté d’en faire toujours plus, ou le “drive” (premier anglicisme), a toujours, ou presque, un lien assez étroit avec le passé de chacun.
Il y a quelques mois, au cours d’une discussion avec des confrères cherchant à résoudre les mêmes problématiques que nous, je leur ai partagé ma volonté de faire évoluer notre positionnement et ouvrir un nouveau marché : le ticketing industriel. “C’est mort le ticketing ! Tout le monde s’y est cassé les dents”.
J’ai maintenu ma décision, et huit mois plus tard, nous avons doublé nos résultats par rapport aux huit mois précédents. Pas parce que nous sommes meilleurs que le sont mes confrères, mais parce que chaque société cumule un “capital assets” comme j’aime l’appeler (deuxième anglicisme) ou “actifs logiciels”.
Le ticketing est un positionnement, et ce que nous faisions avant (la visio-assistance) est devenue la force de ce positionnement. Dans une suite logique, maintenant que nous évoluons vers le Field Service Management, nos capital assets sont plus forts de notre expérience et de nos développements sur le ticketing.
Ce principe fait de l’entrepreneuriat un parcours toujours unique, au cours duquel les issues peuvent être très différentes d’une société à l’autre, qui partageraient une même idée directive.
3. La discipline
L’entrepreneuriat a démarré pour moi avec un avantage compétitif un peu inattendu : j’ai l’hygiène de vie d’un moine. Mes années étudiantes (et les 2-3 qui ont suivies) m’ont conduit à revoir complètement ma façon de prendre soin de mon corps. Il y a un lien fort entre ma volonté d’aller d’un extrême à l’autre dans ma vie personnelle, et le plaisir que je prends dans l’exercice entrepreneurial.
J’ai vu de très près des entrepreneurs se lancer sans faire de changements dans leur manière de mener leur vie. Pour l’un d’entre eux, l’aventure s’est terminée prématurément et dans le chaos le plus total : perte de lucidité, paranoïa, enchainement de mauvaises décisions, management toxique, et évidemment, un associé forcé de prendre la décision difficile de stopper l’hémorragie.
C’est ici que revient la notion de sacrifice. Est-ce un sacrifice de ne pas sortir le samedi soir avec ses amis pour travailler sur son entreprise ? Pas si l’acte entrepreneurial vous prend au plus profond de vous-même.
Si cette aventure et la suivante n’aboutissent pas à un succès à la hauteur de mes ambitions, j’aurais tiré une discipline qui me permet d’être un bon ami, un bon mari, et très bientôt, un bon père.
Quatre choses sont essentielles pour être à 100% de ses capacités :
- Un bon sommeil (7h à 8h par nuit pour moi)
- Rester hydraté (2,5L d’eau par jour)
- Faire du sport (2 à 5 fois par semaine)
- Bien manger
4. Rencontrer des gens brillants
Je suis arrivé dans ce métier avec l’idée préconçue que trouver de l’aide serait difficile, que beaucoup seraient inaccessibles. Je n’ai cessé d’être surpris par la volonté des gens d’aider, lorsque l’aide est demandée. En écrivant cet article, je peine à me rappeler d’une seule fois où j’ai demandé un service à un confrère entrepreneur, sans que celui-ci ne me soit accordé.
Tout au long du chemin, et à condition d’être quelqu’un de sérieux, avec un projet sérieux, différentes personnes vous accordent leur confiance. Des personnes que vous n’auriez jamais imaginé rencontrer, qui, finalement, voient en vous le potentiel de créer quelque chose d’utile. Des confrères entrepreneurs, investisseurs, clients, et surtout, vos salariés.
Je me rappellerai toujours de la rencontre avec l’un des tout premiers membres de mon équipe, à l’occasion d’une fête d’anniversaire. Nous avions fait connaissance à quatre, lui, sa compagne, la mienne, et moi. Sur le chemin du retour, je disais dans la voiture que j’adorerais pouvoir travailler avec quelqu’un comme lui un jour. Ce à quoi ma compagne m’a répondu “pourquoi pas ? invite le à boire un verre, et parlez-en”.
Elle avait raison. En réalité, rien ne m’empêchait de lui faire cette proposition. J’avais un projet ambitieux, encore jeune et avec déjà des clients. À ce moment là, j’avais plus de mal à imaginer qu’il me fasse confiance en tant que leader, que de croire qu’il ferait confiance à l’entreprise elle-même.
Conclusion
Alors oui, l’entrepreneuriat n’est pas fait pour tout le monde. On y perd de la stabilité, des loisirs, souvent du salaire sur les premières années, mais l’intensité de ces émotions l’emporte largement sur tout le reste. Ce n’est pas un sacrifice mais un privilège.
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